Droit du travail et de l’emploi

551

Certificats médicaux et projet de loi C-68 : Quelles conséquences pour les employeurs?

Champ d’application et entrée en vigueur

La Loi visant principalement à réduire la charge administrative des médecins (la « Loi 29 ») a été adoptée le 8 octobre 2024. Ces dispositions modifient la Loi sur les normes du travail (la « LNT »), et seront en vigueur à partir du 1er janvier 2025.

Ces nouvelles interdictions s’appliquent également aux salariés régis par la Loi sur les relations du travail, la formation professionnelle et la gestion de la main-d’œuvre dans l’industrie de la construction.

Une pratique courante

La LNT prévoit qu’un salarié doit informer son employeur de son absence le plus rapidement possible, en précisant les motifs. Si l’absence est prolongée ou fréquente, l’employeur peut demander un document attestant ces raisons.

Les employeurs demandent régulièrement des certificats médicaux justifiant les absences d’un salarié, que ces absences soient de longue ou de courte durée, parfois pour des affections mineures comme un rhume ou une gastro-entérite.

Nouvelles interdictions

La Loi 29 a pour objectif d’encadrer et de limiter cette pratique des employeurs.

Dans un premier temps, elle interdit à l’employeur d’exiger un certificat médical à l’occasion des trois premières absences d’un employé au cours d’une année, lorsque celle-ci durent trois jours ou moins.

Cette interdiction s’applique lorsqu’un salarié s’absente pour les raisons suivantes :

  1. Une maladie;
  2. Lorsque sa présence est requise auprès d’un membre de sa famille ou d’une personne pour laquelle il agit comme proche aidant en raison d’une grave maladie, d’une maladie potentiellement mortelle ou d’un grave accident;
  3. Lorsque son enfant mineur est atteint d’une maladie grave et potentiellement mortelle;
  4. Lorsque son enfant mineur a subi un préjudice corporel grave à la suite d’un acte criminel et dont sa présence devient nécessaire;
  5. Lorsque son enfant mineur a disparu;
  6. À l’occasion du décès de son enfant mineur, de son conjoint, de son père ou de sa mère.

Également, la LNT prévoit qu’un salarié peut s’absenter jusqu’à dix jours non consécutifs par an pour des raisons liées à la garde, à la santé ou à l’éducation de son enfant, ou pour aider une personne pour laquelle il agit comme proche aidant.

L’employeur peut demander un document attestant les motifs de son absence, mais à partir du 1er janvier 2025, il lui sera interdit d’exiger que ce document soit un certificat médical.

Éléments à retenir

Un employeur ne peut pas exiger qu’un salarié lui remette un document attestant les motifs de son absence pour les trois premières fois où le salarié s’absente pour trois jours ou moins au cours d’une année. 

Un employeur peut exiger un document justificatif lorsqu’un salarié s’absente du travail pour des raisons liées à son enfant ou à une personne pour laquelle il agit comme proche aidant, mais ce document ne peut pas être un certificat médical.

551

Auteurs

Articles dans la même catégorie

La CAI publie son guide sur la prévention des incidents de confidentialité : une feuille de route pratique pour les entreprises opérant au Québec

Le 30 janvier 2026, la Commission d’accès à l’information (« CAI ») a publié de nouvelles orientations visant à renforcer la manière dont les organisations préviennent les incidents de confidentialité impliquant des renseignements personnels. Les incidents de confidentialité figurent parmi les risques les plus importants en matière de protection de la vie privée auxquels font face les organisations […]

Des vices pas si cachés pour un cordonnier mal chaussé

Dans l’arrêt Beaudoin c. Boucher, 2025 QCCA 1646, rendu le 19 décembre dernier, la Cour d’appel confirme le rejet de l’action en vices cachés intentée par des acheteurs d’un immeuble résidentiel. La Cour rappelle l’obligation d’un acheteur d’approfondir les inspections lorsqu’il est confronté à des indices sérieux de déficience, particulièrement si l’acheteur a une compétence […]

Quand l’amour et des contrats de construction finissent par la fenêtre…

Dans Gélinas c. LG Constructions TR inc., un arrêt rendu le 30 octobre 2025, la Cour d’appel commente le régime de responsabilité encadrant la résiliation unilatérale par un entrepreneur de deux contrats de construction. En particulier, elle clarifie l’application de l’article 2129 du Code civil du Québec (« C.c.Q. ») qui prévoit, lorsque applicable, que le […]

Finalement, une fois bien interprétée, la police avait du cœur

Dans une décision récente, Morissette c. BMO Société d’assurance vie, la Cour supérieure revient sur les principes applicables en matière d’interprétation des polices d’assurance. Faits En juin 2003, le Demandeur souscrit à une police d’assurance de personne (ci-après « Police ») auprès de la BMO Société d’assurance vie (ci-après la « BMO »). Cette Police prévoit, notamment, qu’une somme […]

Quand le remède devient le litige : la responsabilité médicale sous la loupe

Dans l’affaire N.L. c. Mathieu, 2025 QCCS 517, la Cour supérieure rejette l’action en responsabilité médicale intentée par une enseignante contre son ancien médecin de famille dans laquelle elle réclamait plus de 1,9 M$ en dommages. La demanderesse reprochait à son médecin de lui avoir prescrit pendant plusieurs années des médicaments de façon inappropriée, sans […]

Le projet de loi 89 et l’avenir des conflits de travail au Québec

Adopté le 29 mai 2025 par l’Assemblée nationale, le projet de loi 89 (la Loi visant à considérer davantage les besoins de la population en cas de grève ou de lock-out, ci-après la « Loi ») entrera en vigueur le 30 novembre 2025. Vigoureusement contestée par les syndicats, la Loi transformera significativement le paysage des relations industrielles […]

Soyez les premiers informés

Abonnez-vous à nos communications