Bulletins

169

Mise à jour des obligations de divulgation pour vos contrats de prête-nom auprès de Revenu Québec

Comme nous l’énoncions dans notre infolettre du 15 août 2019, Revenu Québec avait annoncé le 17 mai précédent de nouvelles règles visant la divulgation de tous les contrats de prête-nom. L’application de ces règles avait toutefois été différée dans l’attente de l’adoption des règlements pertinents. C’est maintenant chose faite : le projet de loi 42, édictant et mettant en vigueur les règles requises, a été sanctionné le 24 septembre dernier (Loi donnant suite à des mesures fiscales annoncées à l’occasion du discours sur le budget du 21 mars 2019 et à certaines autres mesures, LQ 2020, c 16).

TOUS les contribuables québécois doivent maintenant divulguer à Revenu Québec TOUS les contrats de prête-nom qui entrent dans l’une ou l’autre des deux catégories suivantes, et ce, sans égard au fait qu’ils aient dû être inclus dans la déclaration provinciale de revenu des sociétés (CO-17-T) :

  • Tous les contrats de mandat ou de prête-nom signés à partir du 17 mai 2019, qui doivent avoir été divulgués à la plus tardive des dates suivantes : (i) le 23 décembre 2020; et (ii) le 90e jour qui suit la date de la conclusion du contrat; et;
  • Tous les contrats de mandat ou de prête-nom signés avant le 17 mai 2019 mais qui continuent d’avoir des conséquences fiscales après le 16 mai 2019 (par exemple, déduction des dépenses, attribution des revenus de location, imposition d’un gain en capital, exemption pour résidence principale, etc.), qui doivent être divulgués au plus tard le 23 décembre 2020.

Les contrats de prête-nom signés avant le 17 mai 2019 et qui n’ont aucune conséquence fiscale après cette date n’ont pas à être divulgués en vertu de ces nouvelles règles.

La divulgation s’effectue en produisant le formulaire TP-1079.PN. Les renseignements qui doivent être divulgués incluent : la date du contrat de prête-nom, l’identité de toutes les parties, une description complète de l’opération ou de la série d’opérations faisant l’objet du contrat de prête-nom et l’identité de toute personne physique ou morale à l’égard de laquelle l’opération ou la série d’opérations entraîne des conséquences fiscales. On doit joindre au formulaire une copie de tout document constatant l’entente. La divulgation par une partie à l’entente sera réputée avoir été faite pour toutes les autres parties.

Le défaut de divulguer un contrat de prête-nom peut résulter en une pénalité initiale de 1 000 $, en plus d’une pénalité quotidienne supplémentaire de 100 $ (jusqu’à un maximum de 5 000 $). De plus, Revenu Québec peut suspendre votre période de cotisation, ce qui signifie que la prescription ne commencera pas à courir à l’égard de vos créances fiscales.

Pour plus de renseignements sur ces nouvelles règles et pour vous aider à préparer la documentation nécessaire à la divulgation, veuillez contacter l’un de nos professionnels :

Martin Lord mlord@rsslex.com 514 393-4041
Sharon G. Druker sgdruker@rsslex.com 514 393-4014
Geneviève Goulet ggoulet@rsslex.com 514 393-7422

169

Auteurs

Sharon G. Druker, Ad. E.

Avocate, associée et superviseure des Services corporatifs

Geneviève Goulet

Avocate, associée et co-cheffe du groupe de Droit des affaires

Articles dans la même catégorie

La CAI publie son guide sur la prévention des incidents de confidentialité : une feuille de route pratique pour les entreprises opérant au Québec

Le 30 janvier 2026, la Commission d’accès à l’information (« CAI ») a publié de nouvelles orientations visant à renforcer la manière dont les organisations préviennent les incidents de confidentialité impliquant des renseignements personnels. Les incidents de confidentialité figurent parmi les risques les plus importants en matière de protection de la vie privée auxquels font face les organisations […]

Des vices pas si cachés pour un cordonnier mal chaussé

Dans l’arrêt Beaudoin c. Boucher, 2025 QCCA 1646, rendu le 19 décembre dernier, la Cour d’appel confirme le rejet de l’action en vices cachés intentée par des acheteurs d’un immeuble résidentiel. La Cour rappelle l’obligation d’un acheteur d’approfondir les inspections lorsqu’il est confronté à des indices sérieux de déficience, particulièrement si l’acheteur a une compétence […]

Quand l’amour et des contrats de construction finissent par la fenêtre…

Dans Gélinas c. LG Constructions TR inc., un arrêt rendu le 30 octobre 2025, la Cour d’appel commente le régime de responsabilité encadrant la résiliation unilatérale par un entrepreneur de deux contrats de construction. En particulier, elle clarifie l’application de l’article 2129 du Code civil du Québec (« C.c.Q. ») qui prévoit, lorsque applicable, que le […]

Finalement, une fois bien interprétée, la police avait du cœur

Dans une décision récente, Morissette c. BMO Société d’assurance vie, la Cour supérieure revient sur les principes applicables en matière d’interprétation des polices d’assurance. Faits En juin 2003, le Demandeur souscrit à une police d’assurance de personne (ci-après « Police ») auprès de la BMO Société d’assurance vie (ci-après la « BMO »). Cette Police prévoit, notamment, qu’une somme […]

Quand le remède devient le litige : la responsabilité médicale sous la loupe

Dans l’affaire N.L. c. Mathieu, 2025 QCCS 517, la Cour supérieure rejette l’action en responsabilité médicale intentée par une enseignante contre son ancien médecin de famille dans laquelle elle réclamait plus de 1,9 M$ en dommages. La demanderesse reprochait à son médecin de lui avoir prescrit pendant plusieurs années des médicaments de façon inappropriée, sans […]

Le projet de loi 89 et l’avenir des conflits de travail au Québec

Adopté le 29 mai 2025 par l’Assemblée nationale, le projet de loi 89 (la Loi visant à considérer davantage les besoins de la population en cas de grève ou de lock-out, ci-après la « Loi ») entrera en vigueur le 30 novembre 2025. Vigoureusement contestée par les syndicats, la Loi transformera significativement le paysage des relations industrielles […]

Soyez les premiers informés

Abonnez-vous à nos communications