Bulletins

80

COVID-19 Mise à jour de propriété intellectuelle : Délais, prolongations, dérogations et… dépôt de demandes de marques de commerce ?

Comme pour de nombreux bureaux gouvernementaux et institutions juridiques à travers le pays, la COVID-19 et les changements aux milieux de travail qui en résultent, ont eu un impact sur le temps de traitement et les délais des procédures passant par l’Office de la propriété intellectuelle du Canada [OPIC]. Nous vous proposons ci-dessous un aperçu des changements à prendre en compte, ainsi que d’autres nouvelles intéressantes liées à la COVID-19, qui méritent d’être suivies.

Modifications des temps de traitement, des heures de bureau et des délais

  • Depuis le 16 mars, les quatre bureaux régionaux de l’OPIC à Montréal, Toronto, Edmonton et Vancouver ont cessé d’accepter de la correspondance. Seul le bureau régional d’Ottawa et le bureau principal de l’OPIC à Gatineau peuvent donc recevoir du courrier.
  • Depuis le 27 mars, les délais règlementaires relatifs aux brevets, marques de commerces et dessins industriels qui auraient dû tomber entre le 16 mars et le 30 avril 2020 sont désormais fixés au premier jour ouvrable suivant le 30 avril. Il est important de noter que ce délai pourra être prolongé en fonction de l’évolution de la situation concernant la COVID-19 au Canada.
  • Depuis le 30 mars, les délais fixés par la Loi sur les marques de commerce, le Règlement sur les marques de commerce ou par le Registraire pour les procédures devant la Commission des oppositions des marques de commerce qui auraient dû se trouver entre le 16 mars et le 30 avril 2020 tombent désormais le 1er mai 2020. En outre, les perturbations causées par la COVID-19 ont été reconnues par le gouvernement comme des circonstances suffisantes pour obtenir une prolongation des délais déjà fixés. Il est important de noter que ce délai pourrait être prolongé au fur et à mesure de l’évolution de la situation entourant la COVID-19 au Canada.
  • Le Centre de services à la clientèle de l’OPIC a cessé de fournir ses services et prévoit les reprendre le 30 avril. Toutes les demandes de documents envoyées à l’OPIC seront traitées dans l’ordre où elles ont été reçues (y compris celles envoyées pendant la suspension) une fois que les services auront repris. Il est donc utile de continuer à envoyer des demandes pendant la suspension afin de maintenir sa position dans l’ordre de traitement.
  • L’OPIC encourage vivement chacun à continuer à utiliser ses services en ligne dans la mesure du possible. Plus précisément, les demandes ou les modifications de marques peuvent être effectuées en ligne de la manière habituelle.

Pouvoirs du gouvernement d’utiliser des inventions brevetées

Le 25 mars, le projet de loi C-13, la Loi concernant certaines mesures en réponse à COVID-19, a reçu la sanction royale. Ce projet de loi accordait, entre autres, au gouvernement le pouvoir d’utiliser des inventions brevetées utiles pour lutter contre la COVID-19 sans qu’elles soient susceptibles de faire l’objet d’une violation de brevet.

Ce pouvoir, qui est valable jusqu’au 30 septembre 2020, permet au ministre de la santé de demander au commissaire d’autoriser le gouvernement à utiliser une invention brevetée, d’en informer le titulaire du brevet ainsi que de fixer la rémunération à laquelle il aura droit. Cette prérogative est d’une durée d’au maximum un an, ou moins, si l’invention n’est plus utile au gouvernement.

Demandes de marques COVID, cinq et ça continue ?

En date du 20 avril, cinq demandes officielles de marques de commerce au Canada contenant le mot COVID ont été déposées (et aucune pour coronavirus). En comparaison, il y a 98 demandes actives utilisant COVID aux États-Unis, et 37 utilisant coronavirus. Parmi les demandes canadiennes, l’une d’entre elles vise les préparations antimicrobiennes et antivirales pour la désinfection des écrans d’ordinateurs et de téléphones portables et deux autres, toutes deux enregistrées par le même cabinet d’avocats, visent respectivement les services médicaux et les vaccins.

Depuis les modifications apportées à la Loi sur les marques de commerce en juin de l’année dernière, il n’est plus nécessaire de démontrer l’usage lors de la demande d’enregistrement d’une marque de commerce (pour en savoir plus sur les modifications apportées à la loi, consultez notre bulletin d’information). Cela signifie que même si un vaccin contre la COVID-19 ne sera pas disponible avant plusieurs mois, quelqu’un qui prévoit réellement produire un tel vaccin pourrait hypothétiquement enregistrer la marque de commerce dès maintenant. La possibilité d’enregistrer ces marques est toutefois douteuse, car le titulaire doit démontrer que la marque de commerce n’est pas descriptive et qu’elle est distinctive d’une certaine manière. Les cinq propositions de marques déposées en 2003 qui incorporaient le terme SRAS ont finalement été abandonnées.

Comme toujours, si vous avez des questions concernant l’un des points ci-dessus, notre équipe de propriété intellectuelle est là pour vous aider à traverser cette période exceptionnelle. N’hésitez pas à contacter Richard Uditsky ou Sydney Warshaw si vous souhaitez en savoir plus, ou pour tout autre besoin en matière de propriété intellectuelle.

80

Articles dans la même catégorie

La CAI publie son guide sur la prévention des incidents de confidentialité : une feuille de route pratique pour les entreprises opérant au Québec

Le 30 janvier 2026, la Commission d’accès à l’information (« CAI ») a publié de nouvelles orientations visant à renforcer la manière dont les organisations préviennent les incidents de confidentialité impliquant des renseignements personnels. Les incidents de confidentialité figurent parmi les risques les plus importants en matière de protection de la vie privée auxquels font face les organisations […]

Des vices pas si cachés pour un cordonnier mal chaussé

Dans l’arrêt Beaudoin c. Boucher, 2025 QCCA 1646, rendu le 19 décembre dernier, la Cour d’appel confirme le rejet de l’action en vices cachés intentée par des acheteurs d’un immeuble résidentiel. La Cour rappelle l’obligation d’un acheteur d’approfondir les inspections lorsqu’il est confronté à des indices sérieux de déficience, particulièrement si l’acheteur a une compétence […]

Quand l’amour et des contrats de construction finissent par la fenêtre…

Dans Gélinas c. LG Constructions TR inc., un arrêt rendu le 30 octobre 2025, la Cour d’appel commente le régime de responsabilité encadrant la résiliation unilatérale par un entrepreneur de deux contrats de construction. En particulier, elle clarifie l’application de l’article 2129 du Code civil du Québec (« C.c.Q. ») qui prévoit, lorsque applicable, que le […]

Finalement, une fois bien interprétée, la police avait du cœur

Dans une décision récente, Morissette c. BMO Société d’assurance vie, la Cour supérieure revient sur les principes applicables en matière d’interprétation des polices d’assurance. Faits En juin 2003, le Demandeur souscrit à une police d’assurance de personne (ci-après « Police ») auprès de la BMO Société d’assurance vie (ci-après la « BMO »). Cette Police prévoit, notamment, qu’une somme […]

Quand le remède devient le litige : la responsabilité médicale sous la loupe

Dans l’affaire N.L. c. Mathieu, 2025 QCCS 517, la Cour supérieure rejette l’action en responsabilité médicale intentée par une enseignante contre son ancien médecin de famille dans laquelle elle réclamait plus de 1,9 M$ en dommages. La demanderesse reprochait à son médecin de lui avoir prescrit pendant plusieurs années des médicaments de façon inappropriée, sans […]

Le projet de loi 89 et l’avenir des conflits de travail au Québec

Adopté le 29 mai 2025 par l’Assemblée nationale, le projet de loi 89 (la Loi visant à considérer davantage les besoins de la population en cas de grève ou de lock-out, ci-après la « Loi ») entrera en vigueur le 30 novembre 2025. Vigoureusement contestée par les syndicats, la Loi transformera significativement le paysage des relations industrielles […]

Soyez les premiers informés

Abonnez-vous à nos communications